8 fév

Quand les couples qui ont des enfants se séparent, c’est fatal : l’un des parents se retrouve éloigné de ses enfants. Même si un très bon article du Monde daté de ce samedi nous rappelait que ce n’était pas toujours le cas, dans les faits, il se trouve que ce sont souvent les pères. Une séparation d’autant plus douloureuse quand l’un des conjoints choisit ou est contraint de déménager à plusieurs centaines de kilomètres. La distance rend alors parfaitement inapplicable le droit de visite ou toute possibilité de garde alternée. Reportée à un pays de la taille des Etats-Unis, ça devient carrément l’horreur.
J’ai encore en tête ces images de pères désespérés tentant d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur leur cas en se déguisant en super héros et en escaladant des bâtiments officiels. Derrière ces actions un peu potaches, ce sont de vrais drames personnels qui se jouent.
Heureusement les mentalités ont évolué, ainsi que la technologie.
Les Etats-Unis ont passé une loi dite de “visite virtuelle”. Co-écrite par un des avocats du mouvement du droit des pères, elle permet à un parent éloigné de bénéficier d’un moment privilégié avec ses enfants par vidéoconférence deux fois par semaine.
Un père de Las Vegas a été le premier à en bénéficier ce week-end.
Une nouvelle preuve que si elles sont utilisées intelligemment les nouvelles technologies peuvent apporter une réponse – certes partielle – à bon nombre de nos problèmes de société.

5 fév
Il y a des jours où on a envie d’être Américain. Le 4 novembre 2008, quand le Nouveau Monde a élu son premier président noir au milieu d’une des plus graves crises économiques de son histoire, les Etats-Unis ont prouvé au monde qu’ils avaient encore la capacité de nous faire rêver, marquant la fin de l’antiaméricanisme primaire qui parasitait certains esprits.
Le 26 janvier dernier, par l’intermédiaire d’un communiqué anodin, ils ont repoussé un peu plus loin les limites du rêve américain. Un communiqué qui aurait changé ma vie si seulement j’avais été citoyen outre-Atlantique. Il annonçait en effet le lancement de www.rentafriend.com. Littéralement : “louez un ami”.
“A l’heure de Facebook et des communautés en ligne“, nous explique le communiqué, “la demande est de plus en plus forte pour une composante essentielle de la société mais ô combien négligée : les vrais amis“. (C’était moins lyrique, mais c’est l’avantage du traducteur, il fait ce qu’il veut. En plus les Américains ne parlent pas français ils n’iront pas vérifier. La fin de l’antiaméricanisme primaire, disais-je).
Bref, revenons à nos générations entières de geeks collectionnant les “amis” Facebook par centaines dans la solitude de leur chambre aux relents douteux de pizza et de chaussette humide. Si vous humez l’air un instant, vous les sentirez se morfondre d’un peu de chaleur humaine. Depuis longtemps ils espèrent redonner au mot “digital” son sens premier et bénéficier du contact réconfortant d’une main sur leur épaule. Ils voudraient caresser autre chose que l’écran tactile de leur iPod. Tout ce qu’ils demandent, c’est une oreille attentive et un coeur ouvert pour recueillir leurs joies, leurs angoisses, leurs peines, leurs rires. Un ami en somme.
Pourquoi leur refuser ce privilège, se sont demandés les gars de chez rentafriend ? Le service propose donc toute une liste d’amis louant leurs services. A priori c’est au minimum 10 dollars de l’heure mais apparemment c’est négociable au cas par cas. Le site précise bien qu’il s’agit d’une amitié platonique. Il n’a d’ailleurs pas l’allure d’un site d’escort girl. Personnellement j’ai commencé à douter des bonnes intentions des créateurs quand je me suis aperçu que le seul critère de sélection de mes futurs amis concernait leur orientation sexuelle. Je sais pas vous mais c’est rarement la première question que je pose en soirée. Bon ensuite à chaque profil est associé une liste d’activités.
A première vue, tout cela semble bien innocent : aller au zoo, à un dîner, au cinéma, cuisiner, faire de la poterie (je commence à comprendre pourquoi certains ont besoin de louer des amis), etc. En y regardant de plus près, on peut quand même se poser des questions : faire du yoga, partenaire de musculation, de montgolfière…
A voir les photos des amis-candidats, j’ai l’impression que je ne suis pas le seul à avoir fait cette confusion…
4 fév
Les soldes, c’est fini mais comme le vice du shopping, on s’y adonne toute l’année, voici un petit tour d’horizon d’applis iPhone, qui feront la joie de n’importe quel serial-shoppeur.
Diana nous avait parlé en décembre d’une appli shopping en réalité augmentée, Thundre.
Si vous vous trouvez aux US, THE appli pour ne pas se perdre dans ces labyrinthes que sont les centres commerciaux américains : Mall Maps.
Produit par MEDL Mobile, l’application met à la disposition de ses utilisateurs une liste exhaustive des centres commerciaux américains à proximité.
Mieux, elle affiche aussi les plans par étage.
Comment ça marche ? Mall Maps utilise la fonction GPS de l’iPhone pour indiquer au mieux ces paradis de l’achat, avec un plan détaillé des magasins s’y trouvant.
Ou alors il suffit à l’utilisateur d’entrer son code postal pour obtenir le même résultat.
Inutile de dire que l’application cartonne aux US. Dès sa première semaine de lancement, elle occupait déjà la première place de la catégorie shopping sur Applestore.
Autre solution shopping, mais frenchy cette fois-ci : Pic2shop qui est une application qui lit les code-barres, en utilisant l’appareil photo intégré.
On scanne le code ; Pic2Shop vérifie le prix, puis affiche un comparatif.
Son plus : elle lit les code-barres français, britanniques, allemands, américains, canadiens et japonais.
Jusqu’à présent, elle se limite à lire les codes de produits culturels, tels que les livres, CDs, DVDs, jeux vidéo.
Et… et… et… elle est gratuite.
Dernière page de ce petit panorama de l’application iPhone consumériste : Shopper.
Ca sert à quoi ? A créer des listes de courses, mais avec précision s’il vous plaît.
On peut faire des listes en distinguant les catégories d’articles. Mieux, certaines catégories ou articles sont déjà pré-enregistrés.
A chaque article, il est possible d’ajouter une quantité, un prix et même une illustration. On peut calculer aussi la TVA. Si, si, foi de fille de commerçant, c’est bien utile.
Autre fonction très pratique, il est possible d’envoyer vos listes par mail pour les partager avec votre co-listier, petit ami(e), épou(x)se, parents, amis.
Une variation du classique post-it laissé sur le frigo, pour ne pas citer le (sublime) titre en duo de Benjamin Biolay et Jeanne Cherhal, Brandt Rhapsody.
Bref.
En dépit de toutes ces folles applications qui facilitent le shopping, je reste plutôt sceptique.
Si on arrive grâce à tout ça, à prévoir jusqu’à ce loisir vain mais jouissif qu’est le shopping, je me demande mais où est le plaisir dans tout ça ?
Et comme toute assistance, quand ça capote, on est doublement frustrée.
Exemple tiré de ma propre petite existence. Ce week-end, avant une virée shopping avec ma mère, je fais du repérage en ligne sur les sites des grandes enseignes et tombe sur la petite robe bien sympathique, qui me fait outrageusement de l’œil, la galopine.
Photo, matières, prix, tout y est. Armée de ses infos, je me rends au magasin… et là, le drame : plus disponible.
Que s’est-il passé entre mon doux rêve bleu virtuel et cette vilaine constatation ?
En tout cas, ça a ruiné mon shopping, ayant une attente précise. Alors que si j’y étais allée, sans avoir regardé sur cette toile (d’araignée) fourbe qu’est le net, j’aurais pu shopper tranquillement, sans ruminer parce que tel produit m’a échappé.
3 fév
Voilà, il a encore fallu que mes yeux passent devant ce communiqué de presse, il a encore fallu que je le teste, tout ça pour obtenir un bouton de “visibilité”, soit l’inverse de la cape d’Harry Potter en version HTML. Le tout, pour que mon nom soit plus cliqué sur Google. C’est lamentablement nacissique, et ce n’est pas que cela : ayant oublié de regarder le FAQ, je ne sais même pas comment cela marche. Si ça vous tente…
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Ha, ça y est, je viens de comprendre ! Vizibility permet de créer une requête sur Google qui exclu tous les mots qui pourraient parasiter “votre” résultat. Dans mon cas, comme j’ai été vite, cela donne : +”renaud edouard-baraud” OR +”renaud edouard” AND +”01net.” OR +”innovation” OR +”media” -”brown” -”danny” -”dandyid” -”username” -”email” -”users” -”lenk” -”jack” -”rahman” -”evonne” -”jeppsson” -”tommy” -”james” -”choronzy” -”cruz” -”heyning” -”brett” -”paul” -”kolja” -”sutton” -”edward” -”wayne” -”alexandra” -”friedman” -”butzki” -”monaco”
3 fév
Ce matin, avec Philippe Torres, nous avons présenté un sondage commandé à L’Ifop sur le thème : éducation et nouvelles technologies. Voilà un lien vers Slideshare où une partie du sondage est restitué
En dehors des opinions surprenantes des Français sur l’apport des nouvelles technologies, je retiens une chose. En dehors de l’iPad à venir et qui va révolutionner le brossage de dents, le portable, le laptop, devient l’icône du contenant multifonction. C’est lui que la population hexagonale considère en premier comme dispositif grand public pédagogiquement compatible. Le tout après va être de transformer la manière dont les enseignants vont refaire leur enseignement. Car il ne s’agit pas juste de mettre en format électronique des polycopiés. L’exemple d’OLPC, que certains amis de L’Atelier aiment détester, est parlant. C’est la communauté Sugar qui s’occupe de la création d’applications, de ce qui va nourrir les enfants dotés de la coquille XO. On attend avec impatience une communauté Éducation Nationale qui fera ses cours en intégrant le retour - feedback - des utilisateurs finaux. Cela va faire grincer des dents, puisqu’en France le professeur est d’habitude seul maître du contenu. Mais c’est peut-être cela qui évitera ce que Philippe pressent comme un danger potentiel : la désintermédiation du personnel enseignant.
On espère aussi que les enseignements de ce sondage permettra aussi de faire évoluer la formation professionnelle, qui elle aussi campe sur de vieux schémas.
3 fév
C’est avec enthousiasme et non sans une certaine curiosité que je me suis rendue au Forum e-marketing qui se tenait à Paris au palais des congrès du 26 au 28 janvier pour assister à une conférence intitulée « Construire et défendre sa réputation en ligne »…
La e-réputation ou réputation en ligne pour une marque ou une entreprise est devenue au fil des années Web un véritable enjeu.
Qui dit réputation, dit notoriété… et qui dit notoriété dit visibilité ! C’est un âpre combat pour s’adjuger la pole position ou l’une des places du top 10 des résultats sur google!
Alors que certains font tout pour faire apparaître leur site dans le hit parade du moteur de recherche multicolore, d’autres essayent d’évincer la présence de leurs concurrents se trouvant en position plus favorable. On parle alors de google bowling (à distinguer du google bombing qui a vocation à faire apparaître un site sur un mot clé non désiré).
Cette pratique, plutôt l’apanage des « black hats », est à mi-chemin entre le sabotage et la concurrence déloyale, mais surtout illégale. De quoi faire un spare ou un strike sur la concurrence. Alors, bien sûr, je ne saurai que trop vous recommander de ne pas faire cela chez vous…
Il y a quelques temps, L’Atelier avait également abordé le thème de la défense de la réputation en ligne. Force est de constater que l’e-réputation peut voler en peu de temps comme quille au bowling…
1 fév
A l’occasion de la parution de sa biographie autorisée*, ou plutôt de la réécriture (en français) de sa biographie autorisée, Richard Stallman, l’un des pionniers du logiciel libre - pour les incultes - donnait une conférence de presse chez son éditeur.
Un vrai personnage, ce Richard Stallman. Avec ses longs cheveux, sa barbe grisonnante, ses petites lunettes. Une sorte de Zarathoustra de l’informatique. Il joue d’ailleurs de son excentricité. Il s’en amuse. “Je suis un personnage controversé”, commence-t-il.
Il est là, devant un parterre d’inconditionnels qui boivent ses paroles. Sa voix est claire. Il s’exprime dans un français très correct - avec une pointe d’accent, quand même, qui renforce à mes yeux le côté Zarathoustra.
Après quelques mots sur son parcours, sa découverte du logiciel libre, ses études à l’université de Harvard et au MIT de Boston (durant lesquelles il a appris “à apprécier la liberté”), son discours devient vite prophétique. Malheur à celui qui utilise un “logiciel privateur” !
“Il faut que les logiciels soient libres pour que tous les utilisateurs soient libres !”, affirme-t-il. A choisir entre un logiciel privateur performant, et un logiciel libre moins performant, la question se pose à peine. Il faut bien sûr choisir le second, car celui-ci autorise l’utilisateur à le perfectionner. Le logiciel libre étant donc intrinsèquement meilleur que le logiciel privateur, car il est éthiquement meilleur. “Parfois, la liberté exige un sacrifice”. Ainsi Parlait Richard Stallman.
Le système se mord d’ailleurs la queue. Les écoles enseignent l’utilisation de logiciels privateurs, en premier lieu Windows, sous prétexte que ces logiciels sont utilisés dans le monde de l’entreprise. Et les entreprises expliquent qu’elles se servent de ces logiciels car c’est ceux que l’on apprend à utiliser à l’école. Il faut donc que les choses changent. Il faut que le cercle se brise. Et c’est en redonnant à l’école sa mission sociale, en apprenant dès le plus jeune âge à se servir de logiciels libres, que l’on fera des citoyens véritablement libres. Ainsi Parlait Richard Stallman.
La liberté est partout menacée. “On invoque le terrorisme pour asseoir la tyrannie”. Les brevets informatiques interdisent aux utilisateurs de logiciels libres de développer leurs programmes, car ils interdisent l’utilisation de centaines d’idées nécessaires à la réalisation de ces programmes. C’est absurde et injuste, selon le prophète américain. De même que la loi Hadopi. On doit pouvoir partager des copies des œuvres publiées, tant que cela ne se fait pas à des fins commerciales. Et d’autres systèmes permettraient de sauvegarder le droit d’auteur. Le mécénat global par exemple, conçu par Francis Muguet. Un système plus juste, fonctionnant sur le principe du paiement volontaire, avec une redistribution de l’argent aux artistes. “D’autres moyens existent”. Il faut avoir le courage de lutter. Ainsi Parlait Richard Stallman.
*Richard Stallman et la révolution du logiciel libre, aux éditions Eyrolles.
1 fév
Prenons la critique d’Aurélien Ferenczi dans Télérama sur In the Air, troisième film de Reitman (Jason, et oui, c’est malheureusement Ivan qui a réalisé Ghost Buster). Poursuivons avec une parenthèse avant d’aborder la partie high-tech de ce post, qui justifie sa présence ici. Aurélien, est-ce “qu’accepter ou non de vivre seul, bâtir ou pas un foyer” peut vraiment être qualifié de “dilemme (…) nettement moins fort que le droit à choisir ou non de fumer” ? Ou alors, soyons plus précis, en fonction de quelle tranche d’âge du public peut on l’affirmer.
Ce n’est pas fini : “ le credo du héros sont relativement attendues : rencontre amoureuse, formation d’une jeune collègue, famille oubliée qui se manifeste“. Combien de films très réussis sont basés sur ces ingrédients ? Ou dit autrement, si l’on considère un film de Rohmer juste du point de vue de son scénario, quelles horreurs aller vous proférer à son sujet ?
Et cette chute, Aurélien : “Qui plus est, voir George le séducteur se faire larguer par une fille dont il tombe imprudemment amoureux, c’est un moment en forme de revanche qui se savoure“. Bon, c’est un peu hors sujet, mais la chute de la chute, Aurélien : “quel que soit le sexe du spectateur“. Tse tse. Ça, c’est vraiment super faux-cul, non ? Bon, c’est en finit. Ce que je retiens de tout cela ? Prenez ce métier d’outsourcing du licenciement - “George Clooney, cadre sup qui circule (…) pour virer des inconnus en lieu et place de DRH lâches” - n’est pas glorieux mais assure au personnage une reconnaissance et une prestance sociale. Dont font partie les miles des compagnies aériennes, ou la fréquentation des hôtels normés de luxe.
La problématique, donc, est comment ce job valorisant à sa façon devient finalement ennuyeux, répétitif et bas de gamme avec l’introduction des nouvelles technologies. Lecteur assidu, tu te demandes de te pincer pour savoir si tu rêves : L’Atelier négatif sur les nouvelles technologies ? Non, rassure toi, je ne suis que le nègre d’une proche qui n’a pas envie de se faire une e-reputation. Qui se fout de son personal branding sur la toile. Donc n’écrit pas, même quand ses propos font tilt. Tout ce qui précède n’est pas de moi, ce qui me permet donc de rester in fine dans une positive attitude high tech. Et d’avoir même le culot de citer du Phil Collins, ce qui est lamentable.
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